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Pau, ville anglaise : les traces de la saison d’hiver

Villas, golf de Billère, chasse au renard et églises anglicanes : découvrez les traces vérifiées de la villégiature britannique dans le paysage de Pau.

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Façade du palais Beaumont à Pau, ancien palais d’hiver lié à la villégiature.
Photo : Florent Pécassou, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons — fiche du fichier

De Pau ville anglaise, il reste des villas, des lieux de culte et des pratiques sportives qui racontent la villégiature hivernale. Cet héritage ne correspond ni à une occupation britannique ni à un style architectural unique : il vient d’une société de visiteurs, de propriétaires et de professionnels dont la présence a transformé la ville.

Pourquoi venait-on passer l’hiver à Pau ?

La synthèse historique de Pau sur Wikipédia associe son développement comme station de villégiature au paysage, au climat et à la présence du château. Les visiteurs viennent séjourner, parfois longuement, et non simplement traverser la ville. Cette durée explique le besoin de logements, de lieux de rencontre et d’activités qui ne se limitent pas à une excursion.

Dans sa synthèse historique consultée en 2026, Wikipédia situe en 1842 un moment décisif de cette notoriété : la publication du médecin écossais Alexander Taylor sur les vertus qu’il attribue au climat palois. Taylor contribue à faire connaître Pau auprès de lecteurs britanniques. Son ouvrage appartient à une époque où les propriétés supposées de l’air et du séjour climatique occupent une place dans les discours médicaux.

Il faut conserver cette distance historique. Dire que Taylor défendait les bienfaits du climat ne revient pas à valider aujourd’hui ses recommandations thérapeutiques. Ce qui nous intéresse ici est l’effet de son discours sur la réputation de la ville et sur les projets de séjour. Une croyance médicale peut transformer un territoire, indépendamment du jugement scientifique porté ensuite sur elle.

La formule « ville d’hiver » décrit ainsi une organisation de la vie touristique. Elle suppose des voyageurs qui disposent du temps et des ressources nécessaires pour séjourner loin de leur résidence habituelle. On comprend mieux les grands logements et les équipements de loisirs lorsqu’on les rapporte à cette disponibilité, plutôt qu’à une simple préférence des visiteurs pour les Pyrénées.

« Anglais » désigne-t-il tous les hivernants ?

Non. Le raccourci est commode, mais la société de villégiature est plus diverse. La synthèse historique de Pau sur Wikipédia mentionne des visiteurs britanniques et américains, ainsi que des hivernants venus d’autres pays européens et au-delà. L’adjectif « anglais » désigne donc une influence particulièrement visible ; il ne constitue pas un relevé exact des nationalités.

Alexander Taylor lui-même est écossais, comme le précise la synthèse historique consultée en 2026. Ce détail invite à ne pas employer indifféremment anglais, britannique et anglo-américain. La précision n’alourdit pas le récit : elle permet de comprendre pourquoi certaines maisons et certaines pratiques associent des références venues de plusieurs horizons.

Il faut aussi distinguer les propriétaires des locataires. Une demeure fréquentée par une famille britannique n’a pas nécessairement été construite pour elle. La location saisonnière fait partie de l’histoire de la villégiature. L’architecture, l’origine du commanditaire et la nationalité de l’occupant peuvent donc raconter des choses différentes.

Pour lire cette géographie sans attribuer une identité uniforme à chaque rue, vous pouvez consulter nos repères sur les quartiers de Pau. La ville anglaise se retrouve par traces : une demeure, un parc, une institution, un usage. Elle ne forme pas un quartier fermé dont tous les habitants auraient partagé la même origine.

Que montrent encore les villas de Trespoey ?

L’avenue Trespoey donne des exemples concrets de cette diversité. Pau Pyrénées Tourisme présente la villa Saint Basil’s, construite en 1889 selon sa notice consultée en 2026, comme une maison bâtie pour un rentier parisien, puis passée entre les mains de M. Tooley. L’appellation anglaise ne suffit donc pas à raconter le commencement de la propriété.

Le même parcours touristique situe la construction de la villa Navarre entre 1865 et 1870 et l’attribue à l’architecte Auguste Guillemin. Il mentionne ensuite Mme Ridgway parmi ses propriétaires. L’intérêt de ces repères est de montrer des successions : les maisons changent d’occupants et d’usages, tandis que leur nom conserve une partie seulement de leur histoire.

Une villa de villégiature se comprend avec son terrain. Le retrait par rapport à la rue, le jardin et la manière d’orienter la maison participent à la vie recherchée par les occupants. Il ne faut pourtant pas déduire de cette lecture un droit d’entrer. Les bâtiments et les parcs ont des statuts différents ; une façade visible depuis la rue n’annonce pas une visite libre de l’intérieur.

Le parcours des villas proposé par Pau Pyrénées Tourisme permet de préparer cette découverte. Vérifiez les possibilités de visite au moment de votre promenade. Une ouverture lors d’une manifestation patrimoniale ne vaut pas pour tous les jours de l’année.

Pourquoi la villa Ridgway élargit-elle le récit ?

La villa Ridgway rappelle la place des Américains dans ce paysage volontiers qualifié d’anglais. Le rapport patrimonial de la Ville de Pau publié en mars 2007, disponible auprès du ministère de la Culture, présente Henry Ridgway comme un banquier de Philadelphie et situe la construction de sa demeure vers 1905. Il le rattache aussi à l’organisation des chasses au renard.

L’exemple relie la maison aux activités de ses occupants. Les dépendances et les espaces nécessaires aux chevaux ne sont pas un décor secondaire dans une société où les loisirs équestres occupent une place importante. Lire une propriété seulement à partir de sa façade ferait perdre cette relation entre demeure, terrain et pratique sportive.

Ce rapport montre également que la vie des villas se poursuit après la période de villégiature. Elles peuvent être transformées, agrandies ou affectées à d’autres fonctions. On peut donc reconnaître l’origine d’un bâtiment sans supposer que tout son état actuel correspond à celui du premier propriétaire.

Pour le promeneur, une bonne méthode consiste à séparer ce que l’on voit de ce que les documents permettent d’établir. Une colonnade est observable ; l’identité d’un commanditaire exige une source. Un nom à consonance anglaise donne une piste, mais ne prouve à lui seul ni une nationalité ni une date de construction.

Le golf se trouve-t-il à Pau ou à Billère ?

Le Pau Golf Club est installé à Billère, sur des terrains proches du gave. Son nom appartient à l’histoire de la station paloise, tandis que son implantation rappelle que cette histoire dépasse les limites de Pau. La villégiature s’étend aux environs ; elle se lit aussi dans les déplacements entre les lieux de résidence et les espaces de loisirs.

Selon l’histoire publiée par le Pau Golf Club, sa fondation remonte à 1856. Le club indique que les fondateurs louent des terrains à la commune de Billère et à des fermiers. Il présente également l’influence des règles de Saint Andrews sur son organisation. L’importation concerne donc une institution et ses usages autant qu’un jeu pratiqué sur une prairie.

La même source situe en 1877 la création d’un parcours réservé aux dames. Ce fait éclaire les règles sociales de la pratique. Le loisir rassemble des personnes autour d’une activité, mais il organise aussi des distinctions. Il serait trompeur de projeter sur cette société une ouverture et une mixité supposées identiques à celles que l’on attend aujourd’hui.

Le club signale également l’importance croissante des Américains à la fin du XIXe siècle. Le golf prolonge ainsi la leçon des villas : une influence britannique peut donner naissance à une institution dont les participants et les responsables se diversifient. Pour replacer ce lieu parmi les pratiques locales, retrouvez notre rubrique sport à Pau.

Quelle place occupait la chasse au renard ?

La chasse au renard appartient aux activités importées par cette société de villégiature. L’histoire du Pau Golf Club et le rapport patrimonial municipal mentionnent le Pau Hunt et les liens de certains propriétaires avec les loisirs équestres. Il faut lire cette pratique dans le cadre social de l’époque, sans la transformer en coutume partagée par tous les Palois.

Elle suppose des chevaux, des installations et des déplacements dans les environs. Cela aide à comprendre pourquoi l’héritage des hivernants ne se réduit pas aux maisons orientées vers le panorama. Les lieux de résidence sont aussi reliés à une campagne utilisée pour les loisirs, avec des besoins matériels qui pèsent sur l’organisation des propriétés.

Dans le cas de Ridgway, le rapport municipal de mars 2007 associe explicitement son rôle dans les chasses au renard à la présence d’écuries dans sa propriété. Le document permet ce rapprochement précis. Il ne justifie pas d’attribuer automatiquement la même fonction à toutes les dépendances de toutes les villas paloises.

Ce point compte pour la lecture du patrimoine : un bâtiment aujourd’hui discret peut avoir été essentiel au fonctionnement d’une demeure. Les usages sportifs et mondains ne se déroulaient pas seulement dans les salons. Ils mobilisaient des terrains, des équipements et un travail que les images de réception montrent rarement.

Quelles églises témoignent de cette présence ?

Les lieux de culte donnent des repères particulièrement lisibles. La synthèse historique de Pau sur Wikipédia, consultée en 2026, date Christ Church, rue Serviez, de 1841 et Holy Trinity Church de 1862. Elle situe ensuite l’ouverture de Saint-Andrew en 1888. Cette succession montre que les besoins religieux accompagnent l’installation des visiteurs et des résidents.

Pour Saint-Andrew, la notice du ministère de la Culture apporte un dossier plus précis. Elle indique une ouverture au culte en 1888 et l’achèvement du presbytère en 1895. Elle décrit une église néogothique dont le décor s’enrichit ensuite. L’édifice visible ne doit donc pas être considéré comme un ensemble réalisé d’un seul geste.

Le tableau reprend des jalons donnés par Wikipédia pour les premières églises et par la notice POP pour Saint-Andrew, sources consultées en 2026.

LieuRepère historique sourcéCe qu’il permet de lire
Christ Church, rue ServiezConstruction en 1841, selon la synthèse de PauL’ancienneté des lieux de culte liés aux visiteurs
Holy Trinity ChurchConstruction en 1862, selon cette même synthèseLa multiplication des équipements religieux
Saint-AndrewOuverture en 1888, selon le ministère de la CultureUn patrimoine anglican identifié et documenté
Presbytère de Saint-AndrewAchèvement en 1895, selon le ministèreLe développement progressif de l’ensemble

La notice patrimoniale de Saint-Andrew permet d’aller au-delà d’une identification extérieure. Elle détaille notamment les vitraux et le mobilier. Pour toute visite, renseignez-vous sur l’accueil : un lieu de culte possède une vie propre, qui ne se résume pas à son intérêt architectural.

Que raconte le palais d’hiver ?

Le palais Beaumont, photographié en couverture, rappelle un autre besoin de la station : disposer de lieux pour les fêtes, les spectacles et les rencontres. La présentation historique de l’édifice sur Wikipédia, consultée en 2026, situe sa construction entre 1895 et 1899 et rappelle sa fonction de palais d’hiver. Il s’agit d’un équipement destiné à la vie collective de la station, distinct des demeures particulières.

La promenade peut donc associer plusieurs échelles : la villa et son parc, le lieu de culte, le club sportif et le palais d’hiver. Chacun répond à un aspect du séjour. Leur rapprochement aide à comprendre comment une ville organise l’accueil d’hivernants au-delà de la seule capacité à les loger.

Pour préparer une découverte des extérieurs, notre rubrique sortir à Pau complète cette lecture patrimoniale. Devant Beaumont comme devant une villa, prenez le temps de distinguer le nom ancien, la fonction d’origine et l’usage actuel. C’est dans cet écart que se lit ce qu’il reste de la ville d’hiver.

Sources citées

Les Palois demandent

Pourquoi parle-t-on de Pau ville anglaise ?
La formule renvoie à l’influence des hivernants britanniques sur les logements, les loisirs et les lieux de culte. Elle ne désigne pas une occupation politique. La société de villégiature comprenait aussi des Américains, des Français et des visiteurs d’autres pays.
Peut-on visiter toutes les villas ?
Non. Les propriétés ont des statuts et des usages différents. Une maison visible depuis la rue ne donne pas automatiquement accès à son parc ou à son intérieur. Consultez les visites annoncées par l’office de tourisme et les conditions propres à chaque lieu.
Le golf de Pau se trouve-t-il à Billère ?
Oui. L’histoire publiée par le club situe son implantation sur des terrains de Billère, près du gave, et sa fondation en 1856. Son nom rappelle le rôle de la station paloise dans son développement, au-delà des limites communales de Pau.

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